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Vous n'êtes ni votre réussite... ni votre échec

  • Photo du rédacteur: Sandrine Sales
    Sandrine Sales
  • il y a 5 heures
  • 4 min de lecture

Et si le plus grand piège n'était pas l'échec... mais le fait de croire que notre valeur dépend de nos résultats ?



« Tu as réussi dans la vie. »

« Il a tout raté. »


En quelques mots, une existence entière semble résumée.

Comme si une réussite devenait une identité.Comme si un échec devenait une condamnation.


Pourtant, nous sommes tellement plus complexes que cela.


La réussite est un instant. Pas une définition.


Obtenir un diplôme, créer une entreprise, sauver son couple, courir un marathon, devenir parent...

Toutes ces réussites sont des événements.

Elles racontent quelque chose de notre parcours, mais elles ne disent pas qui nous sommes.

Car si demain ce diplôme ne sert plus, si l'entreprise ferme, si le couple se sépare ou si la santé nous empêche de courir... qui sommes-nous alors ?

Si notre identité repose uniquement sur nos succès, elle devient fragile.

Elle dépend de circonstances qui, un jour ou l'autre, peuvent changer.


L'échec n'est pas une identité non plus.


Nous avons tous connu des moments où nous avons eu l'impression de ne pas être à la hauteur.

Une relation qui s'arrête.

Un concours raté.

Une faillite.

Une dépression.

Une erreur que l'on regrette.


Ces expériences peuvent être douloureuses.

Mais elles ne définissent jamais entièrement une personne.


L'échec est une expérience.

Il peut nous enseigner, nous transformer, parfois même nous ralentir suffisamment pour nous permettre de changer de direction.


Ce qui nous enferme, ce n'est pas l'échec lui-même.

C'est l'histoire que nous racontons ensuite :"Puisque j'ai échoué, je suis un échec."

Or ce raccourci est profondément injuste.


Derrière chaque réussite, il y a toujours des mains invisibles.


Nous aimons les histoires du héros qui a tout construit seul.

Mais elles sont rarement vraies.


Derrière une réussite, il y a souvent :

  • des parents qui ont soutenu ;

  • un professeur qui a cru en nous ;

  • un ami qui a encouragé ;

  • un thérapeute qui a aidé à se relever ;

  • un employeur qui a donné une chance ;

  • une rencontre au bon moment ;

  • une santé suffisamment stable ;

  • un contexte favorable.


Bien sûr, notre travail compte.

Nos efforts comptent.

Notre persévérance compte.


Mais croire que nous réussissons entièrement seuls est une illusion.

Nous avançons parce que d'autres, un jour, nous ont tendu la main.


Et derrière chaque échec aussi...


À l'inverse, lorsqu'une personne traverse une période difficile, nous avons parfois tendance à penser qu'elle en est la seule responsable.

Pourtant...

Qui connaît son histoire ?

Les blessures de son enfance.

Les violences qu'elle a subies.

Les deuils silencieux.

Les maladies invisibles.

Les rencontres qui l'ont détruite au lieu de la construire.

Les opportunités qu'elle n'a jamais eues.


Nous jugeons souvent les résultats sans connaître le chemin.


Nous sommes des êtres d'interdépendance.


Il existe une croyance très répandue selon laquelle il faudrait être totalement autonome.


Ne rien devoir à personne.

Ne dépendre de personne.


Pourtant, dès notre naissance, nous dépendons des autres.

Nous apprenons à parler grâce à eux.

À marcher parce qu'ils nous encouragent.

À aimer parce que quelqu'un nous a aimés...

ou nous a montré combien son absence pouvait nous faire souffrir.


Même adultes, nous restons liés.


Le boulanger prépare notre pain.

Le médecin soigne notre corps.

L'agriculteur cultive notre nourriture.

Nos proches soutiennent parfois notre moral.

Nous sommes bien plus reliés que nous ne l'imaginons.


Reconnaître cette interdépendance ne diminue pas notre mérite.

Au contraire.

Elle nous rend plus humbles lorsque tout va bien.

Et plus compatissants lorsque tout va mal.


Alors... qui êtes-vous ?


Vous n'êtes pas votre chiffre d'affaires.

Vous n'êtes pas votre diplôme.

Vous n'êtes pas votre divorce.

Vous n'êtes pas votre maladie.

Vous n'êtes pas le regard des autres.


Vous êtes une personne en mouvement.

Avec des ressources.

Des fragilités.

Des rencontres qui vous construisent.

Des erreurs qui vous enseignent.

Des réussites qui vous réjouissent.

Et une valeur qui ne dépend jamais uniquement de ce que vous accomplissez.


Parce qu'au fond, notre dignité ne se mérite pas.

Elle existe avant même nos victoires et elle demeure après nos défaites.


Alors la prochaine fois que vous vous surprendrez à penser :

"J'ai réussi, donc je vaux quelque chose."

Ou à l'inverse :

"J'ai échoué, donc je ne suis rien."

Rappelez-vous ceci :

Vous êtes infiniment plus vaste que le résultat d'un moment de votre vie.

Et peut-être que la plus belle réussite n'est pas d'accumuler les victoires...

Mais de continuer à avancer, en sachant que nous ne grandissons jamais complètement seuls.


Et vous...

Si vous retiriez aujourd'hui toutes vos réussites...

Vos diplômes.

Votre métier.

Votre rôle de parent, de conjoint, d'ami.

Vos possessions.

Vos échecs aussi.

Vos regrets.

Vos erreurs.

Que resterait-il ?

Cette question peut sembler déstabilisante.

Pourtant, elle est peut-être l'une des plus importantes que l'on puisse se poser.

Parce que lorsque l'on cesse de se définir par ce que l'on fait, par ce que l'on possède ou par ce que les autres pensent de nous, il reste quelque chose de beaucoup plus précieux.

Notre humanité.

Notre capacité à aimer.

À apprendre.

À tomber.

À nous relever.

À tendre la main.


Et à accepter, parfois, que quelqu'un nous la tende en retour.

Car nous ne sommes pas des êtres faits pour réussir seuls.

Nous sommes des êtres faits pour grandir ensemble.


Alors aujourd'hui, je vous laisse avec cette question :

Qui seriez-vous si vous arrêtiez, ne serait-ce qu'un instant, de vous définir par vos victoires... ou par vos défaites ?


Je serais heureuse de lire vos réflexions en commentaire.

Peut-être qu'en partageant nos chemins, nos réussites comme nos épreuves, nous découvrirons que ce qui nous relie est bien plus fort que ce qui nous distingue.



 
 
 

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