Sortir d’une relation sous emprise : se reconstruire sans se perdre à nouveau...


Quitter une relation sous emprise ne signifie pas toujours en être sorti.
On peut avoir fermé la porte,
changé de maison,
coupé les contacts…
et continuer pourtant à entendre intérieurement les phrases de l’autre.
« Tu exagères. »
« Tu es trop sensible. »
« Sans moi, tu n’y arriveras pas. »
« C’est toujours toi le problème. »
L’emprise laisse des traces parce qu’au fil du temps, elle peut modifier la manière dont on se regarde, dont on interprète ce que l’on ressent et dont on fait confiance à son propre jugement.
Alors, après la séparation, une question apparaît souvent :
Comment retrouver la personne que j’étais avant ?
Et si la reconstruction ne consistait justement pas à redevenir celle ou celui d’avant ?
Peut-être s’agit-il plutôt de rencontrer celle ou celui que l’on est aujourd’hui, après cette histoire, et de reconstruire une relation avec soi plus solide, plus consciente et plus respectueuse.
Pour cela, quatre piliers me semblent essentiels : l’amour de soi, l’estime de soi, la confiance en soi et l’affirmation de soi.
1. L’amour de soi : recommencer à être de son propre côté
Dans une relation sous emprise, on apprend souvent à observer l’autre en permanence.
Dans quelle humeur est-il ?
Qu’est-ce que je peux dire ?
Qu’est-ce que je dois éviter ?
Comment va-t-il réagir ?
Est-ce encore moi qui ai fait quelque chose de travers ?
Petit à petit, toute l’attention se tourne vers l’autre.
La reconstruction commence donc par un mouvement inverse : revenir vers soi.
L’amour de soi n’est pas se regarder chaque matin dans le miroir en répétant que l’on est formidable.
C’est parfois beaucoup plus simple.
C’est se demander :
Qu’est-ce que je ressens ?
De quoi ai-je besoin aujourd’hui ?
Qu’est-ce qui me ferait du bien ?
Qu’est-ce que je n’ai plus envie de m’imposer ?
S’aimer après une relation d’emprise, c’est réapprendre à ne plus s’abandonner soi-même pour conserver un lien.
2. L’estime de soi : redonner de la valeur à la personne que l’on est
L’emprise abîme souvent l’image de soi.
À force de critiques, de dévalorisation, de culpabilisation, de comparaisons ou de remise en question de ses perceptions, on peut finir par penser :
« Je ne suis pas assez… »
« Je suis incapable… »
« Je dois avoir un problème… »
La reconstruction passe alors par un travail essentiel :
séparer ce que l’on a entendu de ce que l’on est réellement.
Prenez une feuille et faites deux colonnes.
Dans la première, écrivez les phrases, jugements ou étiquettes que cette relation vous a laissés.
Dans la seconde, cherchez des faits.
Pas des phrases positives artificielles.
Des faits.
Vous pensez être incapable ?
Qu’avez-vous pourtant réussi à traverser ?
Vous pensez ne rien valoir ?
Quelles qualités vos proches reconnaissent-ils chez vous ?
Vous pensez être faible ?
Regardez tout ce qu’il vous a fallu mobiliser pour tenir, comprendre et finalement commencer à vous reconstruire.
L’estime de soi ne se décrète pas. Elle se répare progressivement en rétablissant une vision plus juste de soi.
3. La confiance en soi : réapprendre à croire ce que l’on voit, ressent et décide
C’est parfois l’une des blessures les plus profondes.
« Est-ce que j’ai raison de ressentir ça ? »
« Est-ce que je dramatise ? »
« Et si je faisais encore le mauvais choix ? »
Après une relation dans laquelle notre perception a régulièrement été remise en question, prendre une décision peut devenir extrêmement difficile.
Alors on demande l’avis de tout le monde.
On analyse.
On vérifie. On hésite.
On revient en arrière.
Retrouver confiance en soi ne consiste pas à devenir soudainement sûr de tout.
Il s’agit de réentraîner son propre système de décision.
Commencez petit.
Choisissez sans demander l'avis de quelqu’un.
Écoutez une sensation corporelle.
Prenez une petite décision et ne la justifiez pas.
Notez chaque soir une situation dans laquelle vous vous êtes écouté.
La confiance revient par l’expérience.
Chaque fois que je m’écoute et que je constate que je peux faire face aux conséquences de mon choix, j’envoie un nouveau message à mon cerveau :
« Je peux compter sur moi. »
4. L’affirmation de soi : retrouver le droit d’exister dans la relation
Se reconstruire ne consiste pas uniquement à aller mieux lorsque l’on est seul.
Le véritable enjeu est aussi de pouvoir revenir en relation sans disparaître à nouveau à l’intérieur du lien.
C’est là qu’intervient l’affirmation de soi.
Dire :
« Je ne suis pas d’accord. »
« Je n’ai pas envie. »
« Cette façon de me parler ne me convient pas. »
« J’ai besoin de temps. »
« Non. »
Et surtout, apprendre progressivement à ne plus rédiger une plaidoirie de quinze minutes pour justifier chaque limite posée.
Une limite n'est pas une punition infligée à l'autre.
Elle indique simplement jusqu’où je peux aller sans me trahir.
Au début, poser une limite peut provoquer de la culpabilité ou de la peur.
C’est normal lorsque l’on a longtemps appris que préserver la relation nécessitait de s’adapter.
Mais l’affirmation de soi permet peu à peu de découvrir une autre possibilité :
être en lien avec quelqu’un sans cesser d’être en lien avec soi.
Et si ces quatre piliers formaient un chemin ?
Ces quatre dimensions sont intimement liées.
L’amour de soi me permet d’écouter ce qui se passe en moi.
L’estime de soi me rappelle que j’ai de la valeur.
La confiance en soi me permet de croire en mes perceptions et en ma capacité à agir.
L’affirmation de soi me permet enfin d’exprimer tout cela dans ma relation aux autres.
Et la reconstruction n’est pas linéaire.
Il y aura peut-être des jours où vous vous sentirez fort, libre, presque arrivé au bout du chemin…
et d’autres où une phrase, un souvenir ou une rencontre réveillera les anciens réflexes.
Cela ne signifie pas que vous revenez en arrière.
La reconstruction se fait souvent par petites expériences répétées :
une limite posée, une émotion écoutée, une décision prise seul, un « non » prononcé, une envie assumée.
Jusqu’au jour où quelque chose a changé.
Vous ne vous demandez plus constamment :
« Est-ce que l’autre va m’aimer si je fais ça ? »
Vous commencez à vous demander :
« Est-ce que moi, je me respecte en acceptant ça ? »
Et cette question-là peut devenir le début d’une relation totalement différente.
La relation avec les autres, bien sûr.
Mais surtout, la relation avec vous-même !
Si vous avez vécu une relation sous emprise et que vous sentez que vous êtes sorti de la relation sans être encore totalement sorti de ce qu’elle a laissé en vous, un accompagnement peut vous aider à retrouver progressivement vos repères, votre valeur, votre confiance et votre capacité à poser vos limites.
Je vous accompagne en présentiel à Narbonne et en visio.




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